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Marie-Claire
Séguin
Mille Traversées |
C’est d’abord le mystère des percussions lentes et
de la musique dénuée de tout artifice qui nous emmène.
Et la voix monte comme une vague lente pour devenir un chant polyphonique,
jusqu’à éclater puis mourir lentement et nous submerger
d’émotion. Le son avant les mots, c’est déjà tout
un voyage !
Marie-Claire Séguin tisse une trame
sonore à son image,
drôle et généreuse, profonde et exubérante avec
ses musiciens choristes: Nathalie Boileau au piano, à l’accordéon,
aux percussions et à l’ocarina. Jocelyn Tellier,
aux guitares atmosphériques et aux percussions rappeuses, Jean-François
Martel, souple comme la voix de sa contrebasse. Les mots, écrits
en collaboration avec Véronique Bleau, sont autant
d’extraits
de sel de la vie, de miel de l’amour.
Mille traversées pour
dire les interrogations de l’âme,
le paradoxe d’être femme et mère, la dérision des amours fantasmés, pour mieux en rire. « J’ai
tout essayé », dit-elle, car parfois Marie-Claire
Séguin dit et ne chante plus. Du moins jusqu’à ce que la voix explose
en cascade sur un tango rigolo ou enrage sur un gospel à fleur de
peau. Marie-Claire Séguin s’amuse. Qu’elle soit dans
les mélopées amoureuses ou dans les questionnements profonds,
elle n’a jamais l’âge de raison. Et, c’est ce qui
fait la beauté de son chant. C’est le propre des grands artistes
d’être des porteurs d’existence et de garder une âme
d’enfant pour nous faire traverser le miroir.
C’est grâce à Lise Vaillancourt que tout s’harmonise
sur scène car elle signe la mise en scène comme elle l’avait
fait pour "et Butterfly". Complice et attentive. Deux résidences
de création au théâtre de Baie-Comeau et au Théâtre
de la Ville à Longueuil ont permis à cette aventure d’exister.
"Craindre
de ne pouvoir revenir, se croire perdue là-bas
Dans ce pays où les contours du monde n’existent pas
Se perdre, oui perdre là ce que je connaissais de moi
Se trouver nue et faire le choix dans l’inconnu, tenir le pas
Pour enfin célébrer la vie, pour enfin dire oui"
« Cette chanson Pays blanc co-écrite
avec Véronique
Bleau, est ma dernière traversée. Je l’ai
faite à un
moment où il n’y avait plus de chemin devant moi, plus de
route à suivre – pas le vide, non – simplement moi suivant
mes propres traces menant assurément et heureusement vers l’inconnu… Rien
de nouveau dans l’histoire de l’humanité et de la création.
Mais j’étais l’humanité et mon histoire continuait
dans le grand courage des petits gestes. Merci à tous les collaborateurs
de Mille traversées. Le voyage
m’étonne toujours, la douceur des gens m’apaise et l’aventure
de la création me nourrit. » Marie-Claire Séguin
Enfin, il aura fallu Mille
traversées à Marie-Claire
Séguin,
rieuse, émouvante, déroutante, pour être là,
sur scène et nous dire : « C’est toujours pas à pas
que l’on
voyage tous les voyages. »
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